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24/06/2021

RCL Archives fête ses 10 ans avec le magazine "Mémoire Sang & Or"

RCL Archives a dix ans ! Dix longues années lors desquelles notre club a vécu certains des pires moments de son histoire, mais dix années lors desquelles j'ai tenu à continuer de partager sur Dailymotion puis YouTube les vidéos des plus grands exploits, des titres, des matchs européens... Lens-Lazio 77, PSG-Lens 94, Auxerre-Lens 98, Lens-Milan 2002, Lens-ASSE 2007 et bien d'autres encore !


Comme vous le savez si vous suivez mon site ou mes comptes Twitter et Facebook, j'ai aussi sorti un livre durant cette période : L'Opéra du Peuple, Le stade comme école de vie, préfacé par une légende Sang et Or, Monsieur Guillaume Warmuz. Un livre qui a atterri dans les mains d'un certain Gervais Martel ! (merci encore à David pour la photo !).

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Cette année, pour fêter l'anniversaire du site mais aussi les 115 ans du Racing, je vous propose un autre projet fou, un magazine entièrement dédié à l'histoire de notre RC Lens

Au programme, 68 pages d'articles, d'interviews et de photos, 68 pages d'histoire, de passion et d'émotions !

Avec des interviews exclusives de légendes du RC Lens, Gervais Martel, Didier Six, François Brisson, Jimmy Adjovi Boco, Daniel Moreira, Franck Queudrue et Cristian Lopez. Guillaume Warmuz, quant-à lui, raconte son histoire avec Daniel Leclercq, "le druide".

Plusieurs journalistes de renom ont également donné leur expertise et livré leurs souvenirs : Vincent Hardy, Xavier Barret et Yoro Mangara.

Vous retrouverez par ailleurs un grand dossier dédié aux supporters lensois et un autre dédié aux liens entre le RCL et l'Afrique.

Enfin, le passé minier a une place de choix !

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Afin de remercier les fidèles spectateurs de mes vidéos, je vous propose de retrouver ci-dessous l'intégralité du premier article du magazine, revenant sur les 10 dernières années mais étant aussi - évidemment ! - plein de références et d'anecdotes sur la grande et belle histoire du Racing Club de Lens.

Le magazine est disponible uniquement sur mon compte eBay, que vous retrouverez en cliquant ici ! 

Merci encore à tous et allez Lens !

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15 mai 2011, Stade Louis II (Monaco), 19 heures.
Depuis quelques minutes, le Racing Club de Lens est officiellement relégué en Ligue 2 pour la deuxième fois en trois ans. Le point du match nul obtenu contre l’AS Monaco dans les derniers instants de la rencontre grâce à un but de Raphaël Varane est anecdotique, car, avec 35 petites unités au compteur, cette fin malheureuse était inéluctable. Sur les dix-sept derniers matchs, les Lensois n’ont goûté à la victoire qu’à trois reprises.
Une semaine plus tard, les Sang et Or tomberont même sur leur pelouse face au dernier du classement, Arles-Avignon, et s’inclineront 4-0 à Nancy le week-end suivant pour la dernière journée du championnat. Nombreux sont les supporters qui se souviennent encore de cette partie à cause de l’affligeant dispositif en 4-6-0 concocté ce soir là par l’entraîneur de l’époque, Laszlo Bölöni, qui avait pris la place de Jean-Guy Wallemme sur le banc en cours de saison.

Malgré une saison 2009/2010 très encourageante, lors de laquelle Jean-Guy Wallemme avait mené ses hommes à la 11ème place du classement mais également en demi-finale de la Coupe de France, le RCL n’a finalement pas réussi à gérer correctement son retour parmi l’élite. Les conséquences de la relégation totalement inattendue de 2008 se font encore cruellement sentir… et ce n’est pas fini.

Expatrié en Picardie voisine jusqu’à l’âge de 18 ans (en 2009) , mais abonné dans le Kop depuis 2006, j’ai encore en 2011 mes vieilles habitudes de l’époque où je ne venais à Bollaert qu’occasionnellement et j’enregistre donc la plupart des matchs du Racing sur cassette VHS. Un mois après la fin désolante de la saison 2010/2011, encore marqué par la déception - comme tous les amoureux du club -, je décide de numériser mes vidéos et de les publier sur internet afin que l’on puisse se remémorer tous ensemble les merveilleux moments vécus grâce à notre équipe mais aussi pour maintenir l’espoir que des jours meilleurs finiront bien par arriver.

Ainsi naquit « RCL Archives ».

J’admets qu’à l’époque, je n’imaginais pas que la traversée du désert serait aussi longue et que nous connaîtrions des épisodes aussi sombres que ceux que nous avons traversés avant l’arrivée salvatrice de Joseph Oughourlian à la tête du RCL en 2018.

Lutte pour le maintien en Ligue 2 et piteuse élimination à Sannois Saint-Gratien en 2011/2012, prise en main du club par le Crédit Agricole la même année, 9 victoires sur 38 matchs en 2012/2013, relégation administrative provisoire en National après passage devant la DNCG en juin 2013, « affaire Mammadov », nouvel aller-retour Ligue 1 / Ligue 2 entre 2014 et 2015, saison historiquement catastrophique en 2017/2018 entamée par sept défaites consécutives, échec dans la course à la montée à cause d’un but amiénois à la 96ème minute de la dernière journée de la saison 2016/2017, échec en barrages en 2018/2019… La liste des événements pénibles survenus en dix ans, y compris lors des débuts de la nouvelle direction, est incroyable.

L’on se doit cependant d’évoquer les moments heureux. Parmi eux, les parcours en Coupe de France lors des saisons 2012/2013 et 2013/2014 figurent en bonne position. Cette belle compétition, qui échappe encore et toujours au Racing (et ça n’a pas changé en 2021!), a permis à Bollaert de connaître une ambiance digne des plus belles heures face aux Girondins de Bordeaux en avril 2013. L’année suivante, Lens s’imposa brillamment à Gerland face à l’Olympique Lyonnais, ce qui n’était plus arrivé depuis la saison du titre, seize ans auparavant ! Il y eut bien sûr l’accession en 2014 et les scènes de liesse à Lens et à l’aéroport de Lesquin, mais celles-ci furent vite éteintes par les problèmes économiques du club. Les barrages de la saison 2018/2019 furent d’abord exceptionnels avant la conclusion malheureuse à Dijon. Le soleil est finalement revenu pour de bon en 2020 de la plus curieuse des manières : en pleine pandémie mondiale, le Racing a vu sa place de deuxième du classement après une trentaine de journées lui assurer une nouvelle promotion en Ligue 1. Mais cette fois, le boss était aux commandes et le mercato estival fut mené de main de maître. Mieux que le fantasme Falcao, la réalité Kakuta-Fofana, sans oublier les pépites Badé et Médina.

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Dans les (rares) bons moments de cette décennie on ne peut plus agitée comme dans les mauvais, le public lensois a plus que jamais prouvé sa fidélité, son amour et sa passion. Il est facile de suivre une équipe qui gagne et enchaîne les qualifications européennes, ça l’est beaucoup moins lorsque la situation va mal. Hormis lors de la saison 2012/2013, lorsque le Crédit Agricole décida de fermer la tribune Trannin pour l’ensemble de la saison, l’affluence moyenne du Stade Félix Bollaert – rebaptisé Bollaert-Delelis en septembre 2012 suite au décès de l’ancien Maire de la ville, André Delelis – ne tomba jamais en dessous des 20 000 spectateurs. Elle fut de 31 016 spectateurs en 2013/2014, un record, mais oscilla encore entre 23 746 et 28 996 spectateurs entre 2015 et 2020, sans oublier les parcages visiteurs fréquemment remplis aux quatre coins de la France.

Wagneau Eloi, une fessée pour les Lillois et de nombreux exploits !

À mon modeste niveau, j’ai aussi tâché d’être fidèle au poste, de publier des vidéos régulièrement. J’ai débuté sur la plateforme Dailymotion, par des matchs en intégralité.
Le tout premier fut mis en ligne le 28 juin 2011 ; il s’agissait de la rencontre de championnat de la saison 2003/2004 entre Lens et Lyon, lors de laquelle le RCL de Joël Muller réalisa une prestation solide contre l’ogre lyonnais et obtint un match nul 1-1. Ce soir là, Wagneau Eloi inscrivit un coup franc digne de Juninho. Ce soir-là, je découvrais Bollaert pour la première fois.

Parmi les rencontres publiées lors des semaines et des mois suivants, l’on peut citer Lens-ASSE (3-0) et PSG-Lens (0-2) de la saison 2004/2005, Lens-Auxerre (7-0), Lens-LOSC (4-2) ou encore Lens-Nantes (3-1) de la saison 2005/2006.

Des buts à foison, du beau jeu mis en place par Francis Gillot, une victoire au Parc, un succès incroyable contre l’AJA et surtout une fessée infligée au voisin lillois, que demander de plus ?

Toutes ces vidéos sont toujours accessibles gratuitement et en intégralité sur le compte Dailymotion que vous trouverez à l’adresse suivante : www.dailymotion.com/Rcl-archives/videos

La liste des matchs cités précédemment est très loin d’être exhaustive puisque vous aurez également l’occasion de voir les plus beaux matchs des saisons 2006/2007, 2007/2008 et 2008/2009.

S’il ne fallait en retenir qu’un seul de cette période... cela serait délicat ! En effet, deux matchs me paraissent absolument incontournables.

Le 28 janvier 2007, les Sang et Or reçoivent les Verts à Bollaert. Tenu en échec (1-1) par Lille deux semaines plus tôt puis battu à Lorient (1-0) la semaine suivante, Lens commence mal sa deuxième partie de saison après avoir pourtant achevé le mois de décembre 2006 à la deuxième place du classement.
Il semble que tout se soit détraqué sérieusement puisque après 45 minutes de jeu, Saint-Etienne mène 3-0 devant un Bollaert médusé.
Mais la filière malienne du RCL décida de ne pas baisser les bras. Le capitaine Seydou Keita, que l’on peut sans trembler désigner parmi les trois ou quatre meilleurs footballeurs passés par le club artésien, plaça d’abord un coup de tête imparable à la 67e minute de jeu avant qu’Adama Coulibaly réduise à son tour la marque à la 88e, suite à un corner, en véritable renard des surfaces d’un soir. Trois minutes plus tard, après un nouveau « coup de pied de coin », Seydou Keita surgit à nouveau et délivra tout le peuple lensois d’une tête décroisée qui projeta le ballon au fond des filets de Jérémie Janot pour la 3e fois de la soirée. Oui, ce match mérite encore le coup d’œil 14 ans après, oui, les commentaires de Dennis Balbir font encore se dresser les poils de ceux qui ont du Sang et de l’Or dans les veines.

L’autre rencontre incontournable de la période 2006/2009 me semble être le succès acquis presque un an plus tard, le 20 janvier, face au grand rival des Verts…
Très mal en point en championnat, Lens vient d’appeler Daniel Leclercq pour venir épauler Jean-Pierre Papin et ses joueurs. Brillant vainqueur 3-0 de Nancy en Coupe de la Ligue, le RCL doit cette fois affronter le leader lyonnais, invaincu à Bollaert depuis l’été 2001. Après un quart d’heure de grève des encouragements, la tribune Marek poussa comme jamais et put exploser de joie à trois reprises en seconde mi-temps, grâce à des buts signés Maoulida, Bisevac et Mangane. Si la fin de la saison fut catastrophique, ce moment de magie donnera toujours des frissons à ceux qui le contemple.

Après les matchs en intégralité, j’ai petit à petit commencé à réaliser des montages dédiés aux joueurs majeurs des trente dernières années et je suis passé sur YouTube, qui, malheureusement pour les Français de Dailymotion, avait nettement pris l’ascendant sur son concurrent.

Qui d’autre pour commencer une telle série que l’homme ayant passé sa vie au Racing Club de Lens, j’ai nommé Monsieur Eric Sikora ?

« Captain Siko » a donc ouvert le bal, puis ce fut le tour de Daniel Moreira, Yohan Demont, Vladimir Smicer, Seydou Keita, Tony Vairelles, Guillaume Warmuz et de bien d’autres encore !

Le mix dédié à El-Hadji Diouf, mis en ligne en juin 2019, a de son côté dépassé les 260 000 visionnages et attiré de très nombreux spectateurs sénégalais, toujours fiers de leur héros.

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Comme en tribune ou sur le terrain, la solidarité et le travail d’équipe ont joué un rôle important pour le développement de l’initiative « RCL Archives » puisque plusieurs supporters m’ont transmis leurs propres cassettes vidéo ou DVD afin que je les numérise, pour que tous puissent en profiter.

Je pense notamment à Grégory Lallemand, journaliste de La Voix du Nord, qui m’a confié les résumés de plusieurs saisons.
Un autre supporter, Aurel, m’a transmis des chefs d’œuvres, des moments cultes, bref, des trésors : la finale de la Coupe de la Ligue 1999, les matchs de l’épopée en Coupe UEFA de la saison 1999/2000 ainsi que plusieurs matchs de la Ligue des Champions 2002/2003.
Arsenal, Milan, La Corogne, Munich…

Via un forum de passionnés de ballon rond, pas exclusivement lensois, j’ai également mis la main sur plusieurs matchs de la saison 1997/1998, celle du titre bien sûr, et pas des moindres : la victoire décisive à Metz, la gifle donnée au PSG et le match nul de la consécration à Auxerre.

Elles complètent la collection des images de cette merveilleuse année 1998 qui comprenait déjà le « best of » du voyage effectué en Martinique par tout l’effectif à l’issue de la saison ainsi que le Téléfoot tourné en direct de Lens au lendemain du sacre. Ce Téléfoot vient lui de Danny, un autre généreux supporter, qui m’avait auparavant confié la vidéo de l’exploit réalisé par les Sang et Or au Parc des Princes le 23 avril 1994.

Vainqueurs de Trélazé, Bastia et Charleville lors des tours précédents, les Lensois avaient gagné le droit de disputer un prestigieux quart de finale de Coupe de France face au Paris Saint Germain. De longues années avant l’arrivée du Qatar, le PSG disposait déjà d’une armada et affichait un onze de départ de rêve : l’ancien lensois Bernard Lama dans les buts, Sassus, Roche, Ricardo et Colleter en défense, Valdo, Guérin et Paul Le Guen devant eux, le Brésilien Raï en meneur de jeu et une doublette Weah-Ginola en attaque. Excusez du peu !
Le rêve allait pourtant tourner au cauchemar pour les Parisiens malgré l’ouverture du score de Vincent Guérin à la 26e minute.

À la 71e minute, Roger Boli initie une action dans la moitié de terrain parisienne puis conclut à bout portant suite au centre millimétré effectué par Sébastien Dallet. Les nombreux Lensois venus soutenir leur équipe, y compris les Red Tigers, qui vivent le premier déplacement de leur histoire, sont aux anges et basculent dans l’hystérie quelques secondes plus tard quand Pierre Laigle réussit un une-deux parfait avec Roger Boli puis décoche une frappe puissante du pied droit à vingt mètres des cages adverses, trompant une nouvelle fois le gardien des rouges et bleus. Lens tient jusqu’au bout et fait donc tomber le futur champion de France ! Hélas, l’aventure s’achèvera en demi-finale à Bollaert face à Montpellier lors d’une défaite 2-0 qui traumatisera toute une génération de supporters.

Là encore, ces vidéos sont disponibles en intégralité sur Dailymotion tandis que les résumés sont sur YouTube.

Les matchs complets et les vidéos essentielles sont également répertoriés sur le site internet ouvert en décembre 2011, six petits mois après le lancement de « RCL Archives ».

Rendez-vous donc sur http://rclvideosarchives.hautetfort.com où les catégories à droite de l’écran vous permettront d’accéder à tout le contenu saison par saison en quelques clics.

Foncez, profitez !

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Les orages passent et le Vent du Nord souffle sur la France

Le public lensois a parfois grondé depuis dix ans. Fidèle, il en avait tout de même parfois « ras la casquette » des joueurs ou des entraîneurs, Alain Casanova en tête.
Il m’est aussi arrivé de ne publier aucune image pendant plusieurs mois et d’être en colère, notamment lorsqu’un employé du RCL m’a « subtilisé » une clé USB que je lui avais prêtée, sur laquelle se trouvaient des images de matchs « rétro » dont il avait besoin pour son émission diffusée sur Wéo, y compris l’un des plus mythiques de l’histoire du club, c’est à dire le 6-0 contre la Lazio de Rome en Coupe UEFA lors de la saison 1977/1978.

Vaincu à Rome 2-0 lors du match aller des 16es de finale, le RCL d’Arnold Sowinski, devenu entraîneur du club après en avoir été le gardien de but, attend son adversaire le couteau entre les dents et compte bien inverser la tendance au match retour, prévu le 2 novembre 1977.
La première mi-temps est dominée par les Sang et Or qui restent cependant muets jusqu’à la première pause, provoquée par une panne de courant générale ! Nous sommes alors juste avant la mi-temps, et, quand le jeu reprend, Didier Six ouvre le score quasi immédiatement sur un superbe enchaînement contrôle/frappe dans la surface de réparation. La mi-temps est sifflée quelques instants plus tard mais le spectacle ne fait que commencer. En deuxième période, Lens marche littéralement sur son adversaire. Les centres, les frappes et les occasions se succèdent. Si la réalisation est parfois un peu brouillonne, l’engagement est total et le public se régale. Didier Six, encore lui, permet même aux 30 000 veinards installés dans les gradins d’exploser de joie à la 67e minute suite à une frappe aussi belle que puissante des 30 mètres qui touche la barre avant de rentrer dans le but italien. 2-0, égalité sur les deux rencontres ! La Lazio ne se réveille pas, au contraire, et continue de subir les assauts lensois. Il est quasiment miraculeux pour les visiteurs d’arriver à la fin du temps réglementaire sur ce score. S’ils en avaient pris à ce moment-là, cela n’aurait pas été volé ! Même chose en première mi-temps de prolongation. Lens joue, Lens court, Lens tente sa chance mais Lens ne marque pas. Finalement, la persévérance et l’amour du beau jeu vont payer puisque, comme vous le savez, quatre buts seront marqués dans le dernier quart d’heure ! Bousdira sera l’auteur du 3-0, Didier Six se chargera du 4-0 d’un lob astucieux, tandis que le jeune Moncef Djebaïli, rentré en jeu à la 94e minute, s’offrira un doublé express aux 118e et 119e minute !

Cette rencontre avait été diffusée par la chaîne ESPN Classics quelques années plus tôt, ce qui n’avait pas échappé à mon magnétoscope !

Ce même employé qui m’a joué un mauvais tour a par la suite utilisé mes images publiquement sans même en demander la permission et en coupant le logo « RCL Archives », c’était en 2016, à l’occasion du 110e anniversaire du Racing. De quoi être échaudé encore une fois ! Les nombreux archivistes du web savent toutefois que cette sorte de « vol » est monnaie courante et qu’il faut passer outre, même si je me suis fendu d’un petit article dans la foulée, offensif mais courtois.

Parmi les autres archivistes, je pense en premier lieu à « ASSE Memories », compte tenu par un amoureux des Verts qui n’hésite pas à offrir ses trésors lorsqu’ils ne concernent pas son club. Il m’a notamment fait parvenir le résumé d’un match de Coupe de France de la saison 1979/1980 lors duquel le Racing s’était imposé 5 buts à 4 contre Montpellier !

À Lens, la passion est plus forte que tout. Si l’on est parfois exaspéré, par le jeu ou par les hommes, le blason Sang et Or frappé de la lampe de mineur nous inspire et nous fait vibrer, quoi qu’il arrive.

Durant l’été 2019, j’ai pris contact avec un autre « archiviste » du Racing Club de Lens. Le but ? Lui proposer de me rejoindre sur Facebook sous une nouvelle appellation, « Mémoire Sang et Or », même si nous conserverions chacun notre chaîne YouTube. Il avait beaucoup à apporter et une visibilité réduite, l’alliance semblait logique et eut bel et bien lieu après quelques échanges.

Cet homme s’appelle Michel, mais vous le connaissez peut-être sous le pseudo de « Vent du Nord 62 », un nom faisant référence à la banderole déployée au cœur de la tribune lensoise du Stade de France avant la finale de la Coupe de France perdue 2-1 contre le PSG en 1998, une semaine avant le résultat bien plus joyeux acquis à Auxerre.

Né en 1971 dans une famille de supporters lensois, il a fait ses premiers pas à Bollaert entre 1976 et 1979. S’il ne se souvient plus ni de la date ni de l’adversaire, il n’a pas oublié le but de la tête inscrit ce jour-là par Pascal Françoise !

Son autre grand souvenir de l’époque ? Un match fou contre les Verts le 6 octobre 1979, lancé sur les chapeaux de roue par un but de François M’Pelé après onze minutes de jeu, suite à un centre de Moncef Djebali, qui, deux ans plus tôt, avait été l’un des grands bonhommes de Lens-Lazio.
Un certain Michel Platini égalisa quinze minutes plus tard avant d’exécuter un brillant une-deux avec Johnny Rep, conclu par ce dernier, juste avant la pause.
Dominique Rocheteau pensa bien offrir la victoire à l’ASSE en marquant un 3e but pour son équipe à la 68e minute, remportant son face à face contre Francis Hédoire, le portier artésien, mais c’était sous-estimer la « grinta » des coéquipiers de Daniel Leclercq ! En effet, Guy Lacombe relança le suspens en réduisant l’écart à un quart d’heure de la fin, reprenant parfaitement un ballon à bout portant. Yves Ehrlacher enfila le costume du héros en égalisant quelques minutes plus tard puis en reprenant victorieusement un centre de Lacombe à cinq minutes de la fin, offrant un quatrième but et une victoire de prestige au Racing Club de Lens !

Du haut de ses huit ans, le petit Michel montait aux grillages à chaque but et pouvait repartir du stade des étoiles plein les yeux, d’autant que son Racing venait de l’emporter contre le joueur qui est encore à ce jour son favori, son homonyme, Michel Platini.

21 juin 1955 : Naissance de Michel Platini

Par la suite, « notre » Michel fréquenta régulièrement les travées de Bollaert, toujours dans « les Secondes » (le nom que les anciens donnaient au Kop), avant de s’y abonner en 1989, sans jamais rendre sa carte d’abonnement depuis, même s’il quitta la tribune Marek il y a quatre ans pour s’installer en Trannin puis en Delacourt.

Lui aussi a pris l’habitude d’enregistrer sur VHS tout ce qui concerne le RCL... avec quelques années d’avance sur moi ! S’il ne réalise pas de mix, il possède et diffuse les images les plus rares tournées sur le RC Lens. On peut notamment y voir ses joueurs favoris : François Brisson (« avec ses débordements le long des Secondes ! »), Robbie Slater (« un mec qui avait la gnac ! »), Tony Vairelles, John Utaka et Benjamin Bourigeaud. Cinq joueurs, cinq époques ! Evidemment, d’autres Lensois l’ont marqué, notamment Philippe Vercruysse et Vladimir Smicer.

Discret, Michel partage désormais sa passion avec l’un de ses fils et continue – évidemment ! – de numériser ses vidéos pour notre plus grand bonheur.

« Mémoire Sang et Or » tourne actuellement à plein régime et le confinement du printemps 2020 provoqué par la pandémie de coronavirus fut sans doute la période la plus active de son existence.

L’Opéra du Peuple, un livre préfacé par Guillaume Warmuz et lu par Nando de Colo !

2020 fut l’occasion de proposer un nouveau grand projet, mon livre, intitulé L’Opéra du Peuple, Le stade comme école de vie.
Dans celui-ci, je raconte ce que l’amour du sport, du football et plus particulièrement du Racing Club de Lens peut apporter humainement, socialement et culturellement. Non, nous ne sommes pas « des brutes incultes » et le récit des déplacements effectués dans tout l’Hexagone par amour de nos couleurs le démontrera à ceux qui en doutent.
En plus de nous faire découvrir le pays et sa géographie, le ballon rond nous en apprend beaucoup sur l’histoire et nous fait faire des rencontres variées et inattendues. Ce n’est pas l’opium du peuple, mais le stade, lui, est bel et bien son opéra.

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Par ailleurs, j’ai eu l’honneur et la joie d’obtenir une préface de Monsieur Guillaume Warmuz. Faut-il vraiment le présenter ? Arrivé au Racing en 1992, il y connaîtra de nombreuses aventures européennes et bien sûr tous les grands moments de la fin du XX
e siècle, du titre de Champion de France 1998 à la demi-finale de Coupe UEFA 2000 en passant par la victoire en finale de Coupe de la Ligue en 1999. Celui que l’on surnomme « Gus » aura démontré avec moi que sa gentillesse et sa générosité n’avaient rien à envier à son talent ! Ce fut d’ailleurs une nouvelle grande joie qu’il accepte de participer à cette revue en évoquant son ancien entraîneur, le Druide, Daniel Leclercq.

Ce travail colossal, amplifié par le fait qu’il s’agisse d’un livre auto-édité, était la suite logique de l’activité « d’archiviste officieux ». Raconter et transmettre, voilà une démarche me paraissant essentielle, que je tâche de mettre en application depuis 2011 et qui se concrétise une nouvelle fois avec ce magazine anniversaire.

C’est une grande fierté de vous proposer des entretiens exclusifs avec des hommes – joueurs, supporters et journalistes –, acteurs ou témoins de la fabuleuse histoire d’un club né en 1906 au lendemain d’une catastrophe minière sans précédent. En plus de fêter le 10e anniversaire de « RCL Archives », cette publication célèbre aussi le 115e anniversaire d’une institution incomparable, dont l’histoire est sublime car difficile, marquée par le courage, la détermination et la combativité.

C’est aussi un hommage à la presse écrite, notamment à France Football, qui a honoré L’Opéra du Peuple d’une chronique, à Onze Mondial, dont les posters ont garni les murs de dizaines de milliers d’enfants, à « But ! Lens », qui, à son apogée, sortait en kiosque chaque semaine, et bien sûr à Sang et Or Mag, LE magazine officiel du RC Lens, qui permettait aux supporters de connaître l’actualité du club et d’en découvrir les plus belles photos avant l’apparition d’internet.

Comme nous l’a appris l’année écoulée, nul ne sait de quoi demain sera fait. Je ne sais pas si RCL Archives vivra dix ans de plus, s’il y aura de nouveaux projets semblables à ce magazine. J’ai de nombreuses idées en tête, il y a encore de nombreux joueurs à qui j’aimerais dédier un « mix », mais je vous invite à profiter de tout ce qui est déjà accessible et représente des centaines d’heures de travail.

Plus de 310 vidéos sur YouTube et 144 sur Dailymotion, cumulant près d’1,8 million de vues... Il y a de quoi faire, et cela a déjà tapé dans l’œil de personnes qui devraient vous être familières. Benjamin Bourigeaud, Wylan Cyprien, Jean-Marc Adjovi-Boco, Cristian Lopez, Guillaume Warmuz, Stéphane Ziani, Toifilou Maoulida et Eduardo ont déjà aimé, partagé ou commenté le contenu de « RCL Archives » depuis dix ans.

La cerise sur le gâteau est incontestablement le soutien apporté début 2021 par Nando de Colo, légende vivante du basket français, Champion d’Europe en 2013 avec les Bleus, MVP de l’Euroligue en 2016, supporter lensois depuis toujours et qui s’est offert  L’Opéra du Peuple avant d’en faire la promotion sur son compte Twitter.

Merci à eux de nous faire vibrer, que ce soit sur les pelouses de Ligue 1, les parquets ou dans les vidéos « vintage », merci à vous pour votre assiduité et l’accueil bienveillant que vous avez réservé à mon livre puis à mon magazine.

Et comme le disait une célèbre chanson, « dix ans déjà, et toujours fier d’être Lensois...».

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